L’austérité détruit la condition féminine

Les femmes sacrifiées
sur l’autel de l’austérité

Depuis de nombreuses années, les femmes québécoises luttent pour défendre leurs droits, pour sortir du rôle traditionnel dans lequel elles ont été trop longtemps emprisonnées, pour faire reconnaître la valeur de leur travail et de leur contribution à la société. Les politiques des libéraux impliquent un retour en arrière certain pour les femmes.

Leurs effets nocifs se feront sentir plus particulièrement sur :

  • le soutien auprès des enfants en difficulté pour la réalisation des devoirs scolaires ;
  • les soins à un proche ;
  • le maintien à domicile d’une personne âgée ;
  • le gardiennage des petits-enfants pour les grands-parents encore au travail ;
  • le soutien à un enfant déficient ;
  • l’implication dans un groupe communautaire de son quartier ;

Les conséquences des politiques d’austérité sur l’organisation de la vie professionnelle, familiale et citoyenne vont bouleverser le quotidien des femmes.

Les femmes occupent des emplois dans le secteur des services et dans des fonctions très précises, car la ségrégation professionnelle est toujours présente. Elles sont surreprésentées dans les emplois de bureau, dans la vente, les soins de santé, les services sociaux et l’éducation.

Somme toute, elles sont encore orientées vers des emplois correspondant davantage aux rôles et aux fonctions qui leur étaient traditionnellement réservés, soit le « prendre soin ».

Services publics et parapublics

Les politiques d’austérité sont en train de provoquer des réductions d’emplois importantes et inquiétantes dans la fonction et les services publics. Les femmes occupent très majoritairement ce type d’emplois, particulièrement dans le secteur de la santé et des services sociaux et seront menacées de le perdre ou susceptibles de ne jamais pouvoir accéder à la fonction publique, où le travail syndiqué est un rempart à la précarité.

De plus, ces bouleversements auront assurément des conséquences sur la charge de travail, l’exigence d’en faire plus avec moins de personnel, avec des conséquences sur la santé des travailleuses.

Services de garde

Devant la modification importante de la tarification des services de garde, plusieurs familles commencent à se questionner : avons-nous les moyens d’avoir un deuxième ou un troisième enfant ? Pour l’équilibre du budget familial, est-ce qu’il serait préférable de renoncer au plus bas salaire – en général celui des femmes – plutôt que d’assumer des frais de garde devenus trop élevés ?

De plus, la réduction des services publics va reposer majoritairement sur les épaules des femmes, car elles « ont tendance à se retirer du marché du travail au bénéfice de la vie familiale ».

Or, les absences prolongées pour les soins apportés à la famille comportent des risques, notamment la déqualification professionnelle et le retrait définitif du marché du travail, et mènent à un appauvrissement au moment de la retraite.

Communautaire

Les femmes sont très présentes dans les groupes communautaires. Elles interviennent auprès des jeunes, des personnes âgées, des victimes de violence conjugale, des personnes dépressives, etc. La contribution des groupes communautaires au Québec est exemplaire et essentielle à la construction d’une société plus égalitaire et solidaire.

Les travailleuses des groupes de défense des droits, dont les groupes de femmes, sont malheureusement aussi visées par les coupes gouvernementales. Déjà, plusieurs groupes de femmes en région commencent à modifier les services à offrir à la population. Mais bien souvent, pour « sauver les meubles », elles nivellent vers le bas leurs conditions salariales et de travail afin de réaliser les projets dédiés à la population.

Les sages-femmes

Les sages-femmes sont près de 200 à offrir leurs services professionnels de première ligne aux femmes et aux familles d’ici. Depuis la légalisation de leur profession, obtenue grâce à la lutte acharnée des femmes, elles se battent afin de faire évoluer leur profession au sein du réseau public de la santé et des services sociaux.

Aujourd’hui, c’est la réforme du réseau de la santé du ministre Gaétan Barrette qui leur impose un recul majeur. Alors qu’elles siègent aux conseils d’administration des CSSS depuis 1999, le ministre a choisi d’exclure les sages-femmes des CA des futurs CISSS, nouvelles mégastructures créées par ce dernier. C’est le seul ordre professionnel dont la présence a été évacuée par le projet de loi 10.

Retirer les sages-femmes des CA prive non seulement le réseau de la santé de leur expertise, mais cela les exclut d’un lieu de décision et de pouvoir qu’elles occupent légitimement depuis 1999, tout en les isolant davantage.

Le saviez vous ?

Le gouvernement songe à abolir le concours Chapeaux les filles!, qui encourage les jeunes femmes à poursuivre leurs études dans des métiers majoritairement masculins et qui ont généralement de bonnes conditions salariales.

Le gouvernement ne confirme pas le financement du plan d’action de la politique gouvernementale « Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait », politique qui permet l’application de mesures concrètes en appui au principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Les groupes autonomes de femmes sont particulièrement touchés.

Santé et services sociaux attaqués, égalité homme-femme minée

L’Enquête québécoise sur des conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail a montré que « les personnes ayant des responsabilités familiales élevées sont en moins bonne santé (détresse psychologique, symptôme dépressif, particulièrement des symptômes dépressifs non reliés au travail, et consommation de psychotropes) […]. Les personnes ayant moins de quatre heures de loisir par semaine ont, en proportion, une moins bonne santé (détresse psychologique, dépression perçue comme étant liée au travail) que celles qui bénéficient d’autant de temps libre ou davantage. »

Les femmes utilisent davantage les services de santé en raison du fait qu’elles ont des enfants, qu’elles ont besoin de services adaptés pour elles et leurs enfants.

Elles seront très affectées par les compressions dans la santé et les services sociaux.

Quelque 842 000 personnes, soit une personne sur dix, ne comblent pas leurs besoins de base et les femmes se retrouvent majoritaires dans ce groupe. De diverses façons, de nombreuses femmes seront touchées par les reculs, le manque de soutien face à des difficultés importantes à surmonter.

Avec les politiques sexistes de M. Couillard, les femmes et les familles vivront d’importants bouleversements qui mettront leurs gains à mal et qui constitueront une menace face aux mesures visant l’égalité entre les femmes et les hommes.

Il s’agit d’une remise en question du choix de la société québécoise qui va provoquer un retour vers les rôles traditionnels dévolus aux femmes et aux hommes : femme reproductrice et homme pourvoyeur !

Ensemble, combattons la misogynie de l’austérité.