L'austérité détruit l'éducation

L'éducation :
une valeur à protéger et à renforcer

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Commissions scolaires

Depuis l’arrivée du gouvernement Couillard, les disciples de l’austérité s’attaquent, entres autres, aux commissions scolaires. À la mi-novembre, le ministre de l’Éducation Yves Bolduc, annonce son intention de réduire de 72 à 46 le nombre de commissions scolaires au Québec. Dans un climat d’improvisation, le ministre annonce sa réforme, que plusieurs décrivent comme étant précipitée et dénoncent le fait qu’aucune consultation n’ait eu lieu.

Alors que les observateurs doutent des économies qui seront supposément engendrées, Yves Bolduc avoue être incapable de chiffrer les économies qui seront réalisées. Rappelons qu’en 1998, au moment des dernières fusions des commissions scolaires, Lucien Bouchard laissait entrevoir des économies de 100 millions $. Dans les faits, ces fusions auront coûté 70 millions $, soit 40 millions $ au gouvernement et 30 millions $ aux commissions scolaires.

Aujourd’hui, non seulement les commissions scolaires fonctionnent déjà avec un financement anémique, mais elles verront, au cours des prochains mois, leurs budgets une fois de plus amputés.1Les commissions scolaires du Québec ont reçu la directive de couper 10 % de leur budget. Ce qui représente au en tout des coupes de 163 millions $ pour les 72 commissions scolaires. À elle seule, la Commission scolaire de Montréal s’est vue imposer des coupes supplémentaires de 9 millions $. L’impact sur les services directs aux élèves de niveau primaire et secondaire sera inévitable. 2Les commissions scolaires ont déjà annoncé des coupes dans divers programmes, dont l’aide aux devoirs, l’aide alimentaire, le transport scolaire et divers programmes d’aide aux immigrants ou d’activités physiques (Écoles en forme et en santé).

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Réseau collégial

Le gouvernement libéral aime aussi s’en prendre au réseau collégial3La dernière attaque remonte à l’été 2014, lors du congrès de la Commission jeunesse du Parti Libéral, alors que les membres ont voté pour l’abolition des cégeps.. Les adeptes de l’austérité remettent en question l’existence du réseau collégial soit en doutant de sa pertinence, soit en s’interrogeant sur son financement4Le ministre Bolduc a clairement mentionné qu’il n’y aurait pas d’argent frais dans le réseau collégial au cours des deux prochaines années. . Grâce aux cégeps, des milliers d’étudiantes et d’étudiants de partout au Québec ont accès à l’enseignement supérieur, technique ou général, sans devoir déménager dans les grands centres urbains4Longtemps réservé à l’élite, l’accès à l’enseignement supérieur a été possible grâce à la création du réseau collégial. . Déjà sous-financés, si d’autres compressions sont annoncées, les services directs aux étudiants seront lourdement amputés.

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Universités

Les universités ne sont pas en reste. Déjà aux prises avec des coupes de l’ordre de 172 millions de dollars, les universités devront faire un « effort supplémentaire » de 25 millions5L’Université de Montréal (UdeM), qui devait déjà composer avec un manque à gagner de 44 millions de dollars pour l’année en cours, doit maintenant trouver 26 millions additionnels. Le réseau de l’Université du Québec fera face d’ici trois ans, à des compressions de 300 millions de dollars.. Rappelons que les universités ont dû absorber des compressions de 124 millions de dollars en 2012-2013. Il ne fait aucun doute que les coupes répétées auront un impact sur l’enseignement et les services aux étudiantes et aux étudiants6La Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal s’est donné pour objectif d’abolir 50 charges de cours à l’hiver, notamment en regroupant des classes et réduisant le choix des plages horaires. À l’Université de Sherbrooke, où on prévoit des compressions de près de 18 millions, il y aura réduction des dépenses dans les ressources matérielles (entretien, déplacements, etc.) et la fermeture ou l’abolition de 83 postes. À l’Université Concordia, où les compressions sont de près de 16 en 2014-2015, on a procédé à la mise en place d’un programme de départ volontaire visant le personnel de soutien et l’administration.. Le constat est d’ailleurs clair ailleurs dans le monde, le désengagement de l’État a des effets négatifs sur l’accessibilité, l’offre de cours, la recherche libre, etc. En se retirant petit à petit du réseau universitaire, l’État contribue à l’augmentation des droits de scolarité, à l’endettement étudiant et, bien sûr, à l’amplification du rôle du secteur privé dans les établissements universitaires.

Compressions dans les universités

Université de Montréal 70M$

Université Laval 42M$

Université de Sherbrooke 18M$

Université Concordia 16M$

Université du Québec à Trois-Rivières 7M$

Université du Québec à Montréal 6M$

Université du Québec en Outaouais 1.3M$

Dernière mise à jour : 26 novembre 2014