L'austérité détruit les programmes sociaux

Empêchons le pillage de nos programmes sociaux

Ça commence par les retraites

Le projet de loi 3 sur les régimes de retraite du secteur municipal marque le début d’une politique d’austérité que le gouvernement libéral a fomentée dès les premiers jours de son mandat, pour ensuite la faire avaler de force aux travailleuses et aux travailleurs municipaux. Les universités devront elles aussi composer avec un tel projet de loi. C’est une épée de Damoclès sur la qualité de vie de dizaines de milliers de personnes et de membres de leurs familles.

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Et que ça saute !

Les libéraux jonglent également avec l’idée de hausser les tarifs des services de garde, de réviser le régime québécois d’assurance parentale, de réduire les prestations de certains bénéficiaires de l’aide sociale. Les victimes de ces coupes se compteront par milliers, familles, travailleuses et travailleurs, aîné-es, personnes à revenu modeste, etc.

 

Les libéraux utilisent la Commission de révision permanente des programmes pour sabrer plusieurs mesures sociales, les affaiblir et en limiter l’accès. Ils disaient vouloir rétablir le dialogue avec la population. Les compressions décidées sans réelle consultation annoncent plutôt la rupture du lien social. La présidente de cette commission, Lucienne Robillard propose des compressions budgétaires de plus de 2 milliards de dollars qui toucheraient les programmes agricoles, les transferts aux municipalités, l’aide aux entreprises et en services sociaux.

Le projet de loi 3 sur les retraites du secteur municipal est totalement inacceptable

  • Parce qu’il est le résultat de commandes spéciales des villes de Québec et de Montréal, alors que plusieurs autres villes s’y sont opposées;
  • Parce qu’il s’applique sans discernement à tous les régimes de retraite du secteur municipal, alors que bon nombre d’entre eux sont en bonne santé financière;
  • Parce qu’il contient des mesures draconiennes qui servent à augmenter les revenus de certaines villes par la baisse unilatérale de la rémunération et des conditions de travail des employé-es;
  • Parce qu’il nie le droit à la négociation en désavouant des ententes conclues de bonne foi;
  • Parce qu’il existe d’autres moyens d’assurer la viabilité des régimes de retraite;
  • Parce qu’il risque de nuire aux retraité-es du Québec si on ne se mobilise pas massivement;
  • Parce qu’il met à mal l’épargne au Québec, à l’heure où l’endettement des ménages fait régulièrement les manchettes;
  • Parce qu’il limite la capacité d’investir dans son régime de retraite.

Services de garde à 7,30 $

Le réseau de garde éducatif à l’enfance, un investissement pour la société québécoise

Les impacts positifs sur l’économie depuis la mise en place du réseau des centres de la petite enfance et des responsables des services de garde en milieu familial sont indéniables.

Chaque dollar
de fonds publics investi rapporte 1,49 $ à l’État

Plus de 70 000 femmes
ont investi le marché
du travail

Le développement des enfants s’en est trouvé favorisé, tout comme leur réussite scolaire

Un recul inadmissible

Depuis le 1er octobre, les tarifs des services de garde sont passés de 7 $ à 7,30 $. De plus, le gouvernement libéral a jeté de l’huile sur le feu en déposant, le 26 novembre dernier, deux projets de loi qui vont sauvagement bouleverser le paysage des services de garde au Québec.

Le projet de loi 27 introduit des pénalités pour les parents et les prestataires des services de garde en installation et en milieu familial. Quant au projet de loi 28, il vient mettre fin au modèle québécois de la contribution universelle des parents et impose un système de tarification en fonction du revenu familial.

Déjà, on peut prévoir l’ampleur des conséquences de ces augmentations :

  • Sur le revenu disponible des familles;
  • Sur les parents, qui seront de plus en plus appelés à assumer individuellement le coût des services en vertu du principe d’utilisateur-payeur;
  • Sur l’économie québécoise toute entière.

En outre, le gouvernement entend confier les nouvelles places au secteur privé à but lucratif, limitant le développement du réseau des services de garde éducatifs en CPE et en milieu familial.

Régimes québécois d'assurance parentale

Les congés parentaux et les services de garde ont grandement contribué au mini baby-boom qu’on connaît au Québec. Dans leur révision des programmes, les libéraux ont laissé planer la possibilité de chambarder les paramètres déjà établis qui ont fait leur preuve.

Concrètement, cela pourrait vouloir dire :

  • Une annulation des cinq semaines de congés pour les pères, donc annulation pour eux de la possibilité de s’impliquer auprès de leur jeune enfant;
  • Une diminution des prestations allouées et l’appauvrissement généralisé de l’ensemble des ménages qui décident de fonder une famille :
    • alors qu’aujourd’hui, les prestations représentent 70 % du salaire, elles étaient de 55 % avant la mise en place du programme;
  • Une diminution de la durée du congé, qui pourrait avoir pour répercussion :
    • le renvoi des enfants plus rapidement en garderie,
    • l’incitation des femmes à retarder leur retour sur le marché du travail.

Fait Étrange

Le programme de congés parentaux est financé par les employeurs, les travailleuses et les travailleurs, et non par l’État. En quoi son affaiblissement contribuerait-il à aider l’atteinte du déficit zéro ?

Mystère, mystère…

Aide sociale

Dans sa course folles aux compressions, le gouvernement s’en prend aussi à l’aide sociale.

Le gouvernement Couillard annonce un contrôle plus serré des montants versés aux prestataires de l’aide de dernier recours. Le budget du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale diminue d’ailleurs de 2,1 % en 2014-2015.

Pour le calcul des prestations, il envisage notamment :

  • une surveillance étroite des déplacements des bénéficiaires;
  • une prise en compte de la valeur des maisons des propriétaires qui reçoivent de l’aide sociale.

Il y a fort à parier que les coûts administratifs de l’opération dépasseront les sommes arrachées aux plus démunis. L’instauration d’un système de filature des bénéficiaires de l’aide sociale est une atteinte à leur dignité, voire à leur vie privée.

Un gouvernement contre les plus vulnérables

Cette course aux économies de bouts de chandelle chez les assisté-es sociaux est une chasse odieuse, incongrue et contre-productive. Honte aux libéraux qui s’en prennent aux plus démunis.

Dernière mise à jour : 8 décembre 2014