L'austérité détruit le réseau santé et de services sociaux

L'austérité mine le réseau public de santé et de services sociaux

En campagne électorale, le gouvernement libéral s’était engagé à hausser le budget consacré à la santé et aux services sociaux de 4 %. Peu après son arrivée en poste, l’équipe du docteur Couillard vire complètement son capot de bord et décide de limiter la hausse à 3 %, cette année, et à 2,6 %, en 2015-2016.

Ces hausses sont beaucoup plus faibles que la tendance des dernières années et cela suppose donc que l’on doive amputer tous les budgets du réseau public, dès cette année, sans aucune vision de l’ensemble des conséquences. Les gestionnaires choisissent pour le moment d’abolir des postes, soit de diminuer les services à la population. Dire le contraire, c’est tenter de berner les Québécoises et les Québécois.

Les premiers effets des compressions se sont fait sentir, notamment au CSSS de Laval avec la perte de près de 200 postes en soins, soit l’équivalent de 12 M$. Une coupe de 15 M$ a également été annoncée au CHU de Québec. Au CSSS Charles-Le Moyne, elle est de 7,4 M$. Les centres jeunesse doivent, quant à eux, composer avec 20 M$ en moins, alors que les signalements d’enfants vulnérables à la DPJ augmentent sans cesse.

Les premiers effets des compressions se sont fait sentir

CSSS Laval

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Centres jeunesse

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CSSS Charles-Le Moyne

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CHU de Québec

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Projet de loi 10

En plus de tous ces chambardements, le gouvernement a annoncé le projet de loi 10 qui prévoit une vaste fusion de tous les établissements en santé et en services sociaux d’une région (sauf à Montréal) et une concentration sans précédent du pouvoir entre les mains du ministre. En plus de créer des mammouths ingérables, ce projet de loi sème l’incertitude complète du côté des travailleuses et des travailleurs, qui ne savent pas trop comment cette réorganisation les affectera.

Un autre danger majeur avec cette réforme est de créer des parents pauvres dans les nouveaux centres intégrés régionaux. Ces derniers risquent fort de consacrer une partie encore plus importante de leur enveloppe budgétaire restreinte aux soins hospitaliers. Les centres jeunesse, les centres de réadaptation, la santé mentale et les services sociaux pourraient fort bien perdre encore plus que les autres dans cette fusion qui sera centrée autour des hôpitaux, autour du médical.

Le gouvernement libéral prévoit aussi modifier de fond en comble la façon d’allouer l’argent au réseau en adoptant le financement à l’activité de façon plus globale. Cette approche risque de favoriser les actes médicaux au détriment des interventions sociales et de la prévention. En plus, cela pourrait ouvrir la porte à une hausse de la rémunération des médecins en multipliant le nombre d’actes médicaux qui seront à la base du financement. Serait-ce là une sorte de compensation pour l’étalement de leur hausse de salaire ?

Dernière mise à jour : 3 novembre 2014