L'austérité détruit le secteur privé

Le secteur privé également touché

L’austérité libérale se prépare à faire souffler un vent glacial sur tous les pans de la société québécoise, sans exception, et le secteur privé ne sera pas épargné. Alors qu’il ne s’est à peu près pas créé d’emplois dans la dernière année, le gouvernement a annoncé dans son dernier budget des compressions sans précédent de 6 milliards 549 millions de dollars, qui entraîneront inévitablement des milliers de pertes d’emplois directes. De plus, le gouvernement renonce, avec ces compressions, à la création et au maintien de plus de 18 000 emplois indirects dans l’ensemble de l’économie, dont bon nombre se trouvent dans le secteur privé.

Le gouvernement échappe ainsi à son rôle de stimuler l’économie lorsqu’elle ralentit. La réduction et le manque chronique de soutien direct accordé aux entreprises atteignent de plein fouet les travailleuses et les travailleurs du secteur privé, qui pourraient bien eux aussi se voir imposer un nouveau projet de loi sur les régimes de retraite.

Un besoin criant de soutien direct

Le secteur manufacturier est durement touché par l’austérité. Entre 2000 et 2009, la part de la production manufacturière mondiale réalisée par les pays émergents (Chine, Inde, etc.) est passée de 35 à 52 %. Entre 2002 et 2013, plus de 160 000 emplois se sont perdus dans ce secteur au Québec. Dans cette optique, le Québec doit être partie prenante du développement économique sur son territoire en se munissant d’une politique industrielle efficace pour éviter la disparition de son secteur manufacturier.

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perdus dans le secteur manufacturier au Québec entre 2002 et 2013

L’austérité hypothèque le développement manufacturier au Québec

Au lieu de mettre en place des mesures proactives, le gouvernement choisit de soumettre les entreprises à divers types de compressions. Lors du dernier budget, les libéraux ont annoncé :

  • La création de la Commission d’examen sur la fiscalité qui hérite du mandat de sabrer 650 millions de dollars en aide fiscale, dont une grande partie risque de retomber sur le soutien aux entreprises
  • La réduction généralisée de 20 % des crédits d’impôt :
    • 35,5 millions pour l’année en cours;
    • 270,4 millions pour 2015-2016;
    • Il faudrait plutôt procéder au réaménagement des crédits d’impôt dévolus aux entreprises.
  • La réduction de 10 % du montant des subventions accordées de façon récurrente à certains organismes à des fins de développement économique.
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aide fiscale, dont une grande partie risque de retomber sur le soutien aux entreprises

Politique industrielle

Le plan d’austérité concocté pour le secteur privé met en danger l’implantation d’une stratégie industrielle efficace au Québec. Le gouvernement est en train de se soustraire à son obligation d’intervenir pour soutenir le névralgique secteur manufacturier1Les chantiers maritimes Davie auraient été dans l’obligation de fermer définitivement s’ils n’avaient pu compter sur les deniers publics. 2La production de cabines pour le métro de Montréal par Bombardier à La Pocatière et Alstom à Sorel a été rendue possible grâce à l’appui du gouvernement québécois.. Une politique industrielle proactive doit notamment mettre l’accent sur l’innovation et sur la diversification des activités. Elle constitue un outil absolument indispensable au développement de sources durables de croissance économique, de produits à forte valeur ajoutée et d’emplois de qualité.

Dans une situation mondiale de concurrence féroce, nous devons maintenir la cadence en matière de politique industrielle. L’absence d’une politique québécoise cohérente permettra à d’autres États plus prévoyants de nous dépasser au fil d’arrivée. L’impulsion donnée par une politique industrielle d’envergure sera nécessaire tant et aussi longtemps que l’économie mondiale n’aura pas montré des signes de reprise beaucoup plus vigoureuse et constante que ce que l’on peut constater à l’heure actuelle.

Le cas du papier journal

Cette passivité nuit considérablement à la reconversion de certains secteurs d’activité comme celui du papier journal, qui ralentit d’année en année. Les papetières ont un urgent besoin d’investissements pour pouvoir transformer leurs équipements et diversifier leur production. Le gouvernement du Québec assiste au déclin de cet ancien fleuron sans aucune vision porteuse d’espoir pour les régions forestières du Québec.

Possibilité d’un projet de loi sur les régimes de retraite privés

Il n’est pas question que les travailleuses et les travailleurs du secteur privé se fassent imposer des règles de restructuration à leurs régimes de retraite. Ceux-ci sont dans la tourmente depuis plusieurs années et les travailleurs ont déjà dû accepter de nombreuses coupes et divers réaménagements. Plusieurs ont même été convertis en régimes à cotisation déterminée. Il serait inacceptable de leur imposer un autre exercice de ce genre. D’ailleurs, c’est dans le privé que les employé-es sont le moins bien protégés par des régimes de retraite. Le gouvernement devrait s’assurer que tout le monde accède à une retraite au lieu de procéder à un appauvrissement généralisé des travailleurs.

Par ailleurs, les régimes de retraite font partie intégrante de la rémunération des travailleurs et, à ce titre, doivent faire l’objet de la négociation autant dans le secteur privé que dans le secteur public.